Délivrance de médicaments à l’unité : c’est lancé !

Certains médicaments peuvent désormais être délivrés à l’unité. La phase expérimentale vient d’être lancée après la publication du décret y afférent au Journal officiel. La mesure concernera 14 antibiotiques.

Une phase expérimentale

Cette vente de médicaments à l’unité a été décidée par le ministère de la Santé qui entend lutter contre la surconsommation d’antibiotiques constatée auprès d’une marge de la population. Les prises trop importantes exposent les sujets à une résistance aux antibiotiques lors de certains traitements. Quatre régions ont ainsi été choisies pour expérimenter le dispositif, à savoir le Limousin, l’Ile-de-France, la Provence-Alpes-Côte d’Azur et la Lorraine.

La centaine de pharmacies ayant accepté de participer à l’opération à titre volontaire. Ces officines ne délivreront plus désormais que la quantité mentionnée sur l’ordonnance, en vendant les médicaments à l’unité. Dans un premier temps, le dispositif ne s’appliquera que sur certains antibiotiques qui se présentent sous forme orale sèche, comme les gélules, les comprimés, les poudres pour solution buvable. Certaines suspensions en sachet-dose sont aussi incluses dans la mesure. Citons entre autres l’Augmention, le Taketiam, l’Apurone, l’Izilox, le Thiophénicol, l’Exonor et l’Oflocet.

Un bilan d’étape dans un an

Un formulaire spécifique a été fourni à ces pharmacies. Le document sert à recueillir le consentement écrit des personnes qui acceptent de prendre part à l’expérimentation. Il inclut le nom et le prénom du patient, la dénomination du médicament, la notice, la posologie, le numéro du lot et la date d’expiration afin de garantir la traçabilité. Les officines concernées perçoivent en contrepartie de leur participation une rémunération forfaitaire pouvant atteindre 1.500 euros sur une année.

Cette disposition vise également à réduire le coût des médicaments facturés aux patients. La Sécurité sociale et les laboratoires pharmaceutiques y trouveront aussi leurs comptes puisque les prix sont calculés en fonction des unités délivrées. La franchise accordée aux officines s’applique toutefois à chaque achat, indépendamment du nombre de médicaments vendus. La phase expérimentale durera 3 ans. Elle est incluse dans le budget de la Sécurité sociale au titre de cette année 2014. Au bout de cette période, les pouvoirs publics évalueront l’impact du dispositif. L’INSERM (Institut national chargé de la santé et des recherches médicales) effectuera un bilan d’étape un an après le lancement.

jeudi 2 octobre 2014, par Romain Morillon