« Légumes moches » et « Gueules cassées » envahissent le marché

Les « légumes moches » ont été réhabilités. Ils sont maintenant proposés dans les rayons à des prix 30% moins chers. Prochainement, le concept s’étendra sur d’autres produits alimentaires. Le collectif des « Gueules cassées » va le décliner aux produits laitiers, à la boulangerie, la charcuterie et l’épicerie.

Des produits consommables

Les habitudes de consommation ont changé depuis l’avènement de la crise. Les gens ne rechignent plus à acheter des légumes et des fruits « moches » qui sont maintenant vendus à un tarif très abordable dans les rayons sous un logo spécifique. L’objectif du collectif de producteurs qui est à l’origine de cette idée consiste à revaloriser ces produits périssables affichant des défauts de présentation.

Avant la réhabilitation de ces aliments jugés « moches », les agriculteurs et les industriels agroalimentaires ont dû en jeter chaque année une proportion non négligeable de leurs récoltes ou de leur production. Il s’agit de légumes et de fruits mal calibrés, ayant de petites malformations dues aux intempéries ou aux caprices de la nature ou encore ayant une couleur anormale, mais qui sont tout à fait consommables. Des défauts de fabrication existent aussi quelquefois.

Un concept qui pourrait s’exporter

En France, la quantité gaspillée est estimée à 17 millions de tonnes par an. Selon les analystes, 30% des produits cultivés ou fabriqués ne parviennent pas aux consommateurs. Une extrapolation à l’échelle mondiale permet au collectif de producteurs d’avancer que plus d’un milliard de tonnes de nourriture serait ainsi jetées au cours d’une année. Il n’y aurait que 43% des légumes et fruits cultivés destinés à la consommation humaine qui arrivent dans les assiettes.

Les analystes estiment que cette réhabilitation des légumes « moches » et des « gueules cassées » prochainement permettra de redynamiser un vaste segment du secteur agroalimentaire. Les saucisses trop minces, les fruits confits en morceaux, les pâtes alimentaires trop blanches, les chocolats écornés et les bas quartiers de viande envahiront bientôt les rayons. Ces produits comportent une étiquette facile à repérer. Comme elle est proposée à un prix très doux, cette gamme de produits séduit de plus en plus les consommateurs. Le concept pourrait même s’exporter au Brésil, au Japon, aux États-Unis, en Suède et au Canada.

jeudi 4 décembre 2014, par Romain Morillon