Les oublis peuvent-ils tous être qualifiés d’amnésie ?

Chez les seniors, les trous de mémoires sont assez fréquents. Pourtant, les personnes présentant ces petits troubles ne peuvent pas toutes être qualifiées d’amnésiques. Tout dépend des manifestations du trouble de mémoire relatives à chaque type d’amnésie.

Pourquoi peut-on être victime d’amnésie ?

On entend par amnésie une perte de mémoire qui peut être partielle ou totale. Les oublis passagers que nous subissons quelques fois ne sont pas toujours considérés comme des manifestations amnésiques. Les amnésiques sont incapables de se souvenir de certaines choses et ne peuvent éventuellement recouvrir leur mémoire qu’après traitements. L’amnésie peut être le résultat de troubles psychologiques, de maladies psychiatriques ou neurologiques. En l’occurrence, une prise excessive de médicaments ou un mauvais traitement peut provoquer une amnésie. Les alcooliques courent également le risque d’être atteints par le syndrome de Korsakoff (type d’amnésie) dû essentiellement au manque de vitamine B1. Des problèmes de santé tels que l’épilepsie, les tumeurs, l’encéphalite, les accidents vasculaires cérébraux… peuvent aussi provoquer une amnésie.

Les coups violents portés à la tête, notamment lors d’un accident de la route, sont également un facteur qui pourra provoquer l’amnésie chez un individu. Une commotion cérébrale ou une hémorragie cérébrale induisant un coma de plus ou moins longue durée, peut causer des lésions cérébrales importantes. Dans ce cas, certaines parties du cerveau sont touchées et la récupération d’informations peut être envisagée. L’amnésie peut également être d’origine dégénérative, c’est-à-dire que les neurones dégénèrent petit à petit altérant la mémoire. C’est notamment le cas de la maladie d’Alzheimer, assez fréquente chez les seniors. Pour ce dernier cas, la récupération de la mémoire est presque impossible.

Les manifestations de l’amnésie sont-elles toujours les mêmes ?

Il existe différents types d’amnésie. L’amnésie antérograde ou encore amnésie de fixation qui se manifeste par l’impossibilité pour l’individu de fixer de nouvelles informations antérieures à son accident ou sa maladie. Dans ce cas, le patient peut se souvenir de tous les événements qui ont eu lieu avant son état d’amnésie, mais il oublie toutes les nouvelles informations au fur et à mesure de leur déroulement. A l’opposé, on distingue l’amnésie rétrograde ou l’amnésie d’évocation. Les souvenirs qui ont précédé la maladie ou l’accident s’effacent progressivement. Le malade est dans l’impossibilité d’évoquer des souvenirs de plus en plus lointains. Une amnésie antéro-rétrograde est la combinaison des deux types d’amnésie précédents.

Il y a aussi ce qu’on nomme amnésie lacunaire qui peut être définie plus simplement comme un trou de mémoire touchant un moment bien précis de la vie du malade. En l’occurrence les faits qui ont causé le traumatisme (viol, agression, accident...) sont oubliés. Et enfin l’ictus amnésique qui se manifeste par une amnésie non permanente pouvant durer jusqu’à 10 heures environ. Pendant ce temps, l’amnésique répète en boucle par exemple les mêmes questions. Cela peut être la conséquence d’un état de fatigue passager, du stress, d’un manque de sommeil, d’une maladie….etc. L’ictus amnésique ne récidive que très rarement et le malade recouvre toute sa mémoire après son amnésie passagère.

vendredi 23 octobre 2009, par Carole Mercier