La vente forcée, un problème qui persiste

Le problème de la vente forcée persiste toujours en France. Comment se manifeste la vente forcée dont les personnes âgées en sont les principales victimes ?

La vente forcée, une maltraitance financière

Non loin des diverses agressions, vol et violence à l’encontre des personnes du troisième âge, la vente forcée est un phénomène de plus en plus grandissant en France. Selon un sondage effectué par la Fédération internationale des associations de personnes âgées ou FIAPA, en 2008, plus de 42 % des personnes âgées interrogées ont déjà vécu cette situation extrêmement embarrassante. Les personnes victimes ont une moyenne d’âge entre 75 et 90 ans et la plupart sont des femmes qui vivent seules, ou des octogénaires à mobilité réduite. Les malfaiteurs, sans scrupule, ne lésinent pas sur les moyens. Certains obligent leurs victimes à retirer une somme importante d’argent au niveau des distributeurs de billets, pour l’achat d’un objet dont ces dernières n’ont même pas besoin.

La vente forcée, plusieurs cas enregistrés

Cette forme d’escroquerie est, pour la plupart du temps, perpétrée par de jeunes couples. Ces derniers sont réellement inscrits dans le registre du commerce au titre de vendeurs ambulants, une situation qui leur permet de réfuter les accusations de vente forcée lorsqu’ils sont appréhendés puis interrogés par la police. Après le couple interpellé en 2008, un autre homme et une femme respectivement âgé de 27 et 29 ans ont été arrêtés en janvier 2011. Ils sont soupçonnés de maltraitance financière, envers les seniors habitant le quartier de Rodrigues à Agen. Dans le cadre de l’Opération tranquillité seniors ou OTS, la police urbaine se lance à leur piste pour finalement découvrir une technique des plus impensables. Le couple habitant à Colayrac-Saint-Cirq a vendu plusieurs matelas aux seniors contre leur gré.

La vente forcée, interdite par la loi

Profitant de la vulnérabilité de leurs victimes, les deux Colayracais entrent carrément dans l’appartement de ces dernières pour déménager leur ancien matelas et le remplacer par un nouveau. Les habitants de Rodrigues attendent avec impatience le résultat du jugement du couple qui aura lieu à la fin du mois d’avril 2011. La vente forcée est une pratique interdite par la loi conformément à l’article R.635-2 du Code pénal et sous l’article R.122-1 du code de la consommation. Il est donc primordial de se méfier au cas où l’on recevrait une fourniture sans commande préalable. En cas de doute, le numéro 3977 est disponible en tout temps pour conseiller, orienter et aider les personnes âgées victimes d’une vente forcée.

La vente forcée, un abus financier

Conformément à la loi, une vente « normale » doit faire l’objet d’un contrat incluant un délai de rétraction. La plupart des arnaqueurs cèdent leurs produits sans aucune signature de leur part ni de celle de leurs victimes. L’important pour ces derniers est de recevoir la somme d’argent en contrepartie. Là encore, tous les moyens sont bons pour retirer le maximum de biens aux seniors. Certains malfaiteurs « acceptent » les chèques, qui sont, pour la plupart du temps signés en blanc. C’est justement le cas des victimes d’Agen ou le couple arnaqueur a été appréhendé en possession d’un chèque d’une valeur de 400 euros. Cette situation nuit fortement à l’intégrité financière des personnes âgées, qui ne peuvent plus décider par eux-mêmes de l’usage de leur argent.

lundi 11 avril 2011, par Carole Mercier