La réforme des retraites continue de faire débat

La réforme des retraites prévoit le recul de l’âge légal de la retraite à 62 ans au lieu de 60, ainsi que le passage du taux plein à 67 ans au lieu de 65 ans, qu’importe le nombre de cotisations effectuées. La réforme de la retraite fait débat.

Des sondages pessimistes pour la retraite des futurs actifs

Certains sondages IFOP s’annoncent révélateurs sur l’origine de ces protestations. En janvier dernier, 75 % des jeunes âgés de 18 à 24 ans déclaraient n’avoir aucune espérance d’obtenir une retraite suffisante. Ils redoutent fortement la décote donc une diminution du taux de leurs pensions s’ils choisissent de partir en retraite avant de pouvoir toucher le taux plein. Cette décision pourrait leur faire perdre jusqu’à 25 % de leur pension. La période d’activité moyenne des Français n’excède pas les 40 ans, alors qu’en 2020, les cotisations devront passer à 41,5 annuités.

Les syndicalistes sous-entendent de leur côté que le système de retraite va favoriser les hauts diplômés, délaissant les autres. Un autre sondage poursuit dans ce sens, en révélant que la majorité des actifs entre 25 et 34 ans envisagent de consacrer plus de 100 euros à l’épargne chaque mois, afin de pouvoir combler leur future retraite qui sera forcément insuffisante. Le financement actuel des retraites inquiète, le déficit du régime n’étant pas loin des 30 milliards d’euros.

L’âge de la retraite recule, les actifs appréhendent

Le gouvernement de son côté soutient la nécessité de cette réforme, afin de pouvoir espérer un retour à la normale d’ici la fin de la décennie. Cependant en considérant d’autres paramètres, tels que le taux de chômage, il pourrait encore rester 2,5 milliards à combler en 2020. Il faudrait voir le chômage réduit à 7,7 % d’ici 2015 pour que la réforme soit réellement efficace. Les grévistes voient, dans la prolongation de carrière pour les actifs, une injustice, sachant que le chômage des moins de 25 ans est toujours à 23 %.

De l’avis d’un spécialiste, si la cotisation retraite passait effectivement à 41,5 annuités d’ici 2020, les jeunes actuels seraient de ce fait voués à travailler jusqu’à plus de 62 ans. Cette estimation se base sur les observations de 2004, où les jeunes au sortir de leurs études, avaient en moyenne 21 ans. Un lycéen sortant du système scolaire ne devient pas systématiquement un actif. La plupart des jeunes obtiennent plutôt leur premier CDI à l’approche des 30 ans. De là viennent les craintes partagées par les syndicats : que les salariés ne parvenant pas à remplir les 41,5 annuités soient contraints de travailler jusqu’à 67 ans, âge d’annulation de la décote.

samedi 13 novembre 2010, par Carole Mercier, Hélène André