Immobilier : baisse des loyers au détriment de la qualité des logements

Certains spécialistes annoncent une reprise du marché de l’immobilier locatif. Le taux de mobilité a en effet augmenté de 28,9% depuis le début de cette année 2015. Les loyers sont en baisse, malheureusement, c’est au détriment de la qualité des logements.

La mobilité en hausse sauf à Paris

La hausse de la mobilité est surtout tangible en Bourgogne, en Aquitaine et en PACA. Par contre, les activités ont accusé un léger repli en Île-de-France, en Lorraine, dans le Limousin, en Rhône-Alpes et en Poitou-Charentes. Comme les loyers sont très abordables dans certaines régions (dans le Limousin et en Lorraine surtout), force est de constater que le niveau des loyers n’impacte pas sur les fluctuations du marché. Les analystes estiment que ces évolutions résultent d’une amélioration du moral des ménages. À Paris, la mobilité a été très faible depuis l’été 2014. Seulement 16,7% des ménages ont changé de logement au cours de ces derniers mois. La demande reste toujours aussi forte, mais c’est l’offre qui ne suit pas.

Les loyers : une évolution au ralenti

Ces chiffres ont été communiqués par l’observatoire des loyers Clameur dans son dernier rapport qui a été présenté au public le 10 mars 2015. Cette étude révèle aussi que l’évolution des loyers tourne toujours au ralenti. L’augmentation n’a été que de 1% pendant toute l’année 2014. Depuis janvier 2015, ils ont même baissé de 0,9%, notamment dans le segment des petits logements. Le recul étant respectivement de 1,8% et de 2% pour les 2 pièces et les studios ou 1 pièce. Cette tendance baissière est constatée dans 80% des grandes agglomérations recensant plus de 148.000 habitants.

Très peu de travaux d’entretien

En raison de cette baisse des loyers, les propriétaires ne fournissent que très peu d’effort pour entretenir les logements proposés à la location. Il se pourrait bien que la transition énergétique tant prônée par le ministère de tutelle ne se ferait pas dans l’immobilier ancien. Selon les professionnels du secteur, le projet d’encadrement des loyers dans la capitale et les dispositions de la loi Alur constituent les principaux freins pour les bailleurs qui envisagent de réaliser des travaux d’aménagement. Ces dispositifs ont en effet un impact négatif sur la rentabilité des logements. 30.000 à 40.000 logements risqueraient ainsi de devenir obsolètes, voire inhabitables et disparaître du marché locatif chaque année.

samedi 4 avril 2015, par Romain Morillon