Maltraitances dans une maison de retraite : « Les Colombes » fermée.

Des seniors attachés dans leur lit, des repas insuffisants, des médicaments et de la nourriture ayant dépassé leur date limite… tels sont les faits sur lesquels la directrice de la maison de retraite « Les Colombes » à Bayonne devra se justifier. On a ordonné la fermeture immédiate de l’établissement et la directrice est mise en examen.

« Les Colombes » fermée pour maltraitances envers les seniors

La maison de retraite « Les Colombes » qui se situe à Bayonne vient d’être fermée par les autorités locales. La directrice de l’établissement âgée de 70 ans répondra aux enquêtes des autorités. Après les remarques faites par une infirmière « extérieure à l’établissement » en septembre, la police a procédé à une fouille sous mandat de perquisition dans la résidence « Les Colombes » et y a constaté une situation déplorable. 15 personnes âgées de 80 à 95 ans, atteintes d’Alzheimer pour la plupart, y auraient été maltraitées.

On reproche notamment à la directrice de l’établissement un manque certain de professionnalisme, et d’avoir maltraité les personnes hébergées dans son établissement. En effet, des personnes sont en permanence attachées dans leur lit, à l’instar de deux résidentes retrouvées dans une telle situation à 7 heures du matin, sans aucune prescription médicale et privées de liberté. Le procureur de la République à Bayonne Anne Kayanakis considère les pratiques de la Directrice comme étant des violences perpétrées sur des personnes vulnérables. Sur les lieux ont également été retrouvés des médicaments et de la nourriture ayant dépassé la date de péremption. Malgré les tarifs proposés par la direction, jugés prohibitifs au vu des prestations par la secrétaire d’Etat aux Aînés Nora Berra, les repas commandés par la maison sont commandés pour 8 alors que 15 pensionnaires y sont résidentes. Suite aux enquêtes en cours, la directrice pourrait subir un emprisonnement de 3 ans ferme.

La DDASS ne contrôlaient pas systématiquement « Les Colombes »

Outre les fait constatés sur place par les autorités d’une part, on accuse actuellement d’autre part l’incompétence juridique de la DDASS ou la Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales. En effet, une plainte à l’encontre de l’établissement de Bayonne a déjà été déposée depuis le début de l’année 2009. La DDASS a conclu suite à une inspection que la maison « Les Colombes » manque considérablement de personnel, ses infrastructures sont désuètes, l’hygiène n’est pas respectée… et pourtant, il n’était pas question de fermeture. La raison est que ce genre d’établissements profite d’un vide juridique, échappant aux contrôles systématiques de la DDASS.

En effet, l’établissement « Les Colombes » n’a pas le statut d’une maison de retraite mais seulement d’un lieu de vie. Avec moins de 25 personnes hébergées, la maison n’était pas censée donner des soins particuliers à ses pensionnaires. Et puisque ce genre d’établissement n’est pas conventionné par la DDASS, il échappe la plupart du temps aux contrôles. La DDASS ne peut intervenir que lorsqu’une plainte est émise à l’encontre d’un lieu de vie. C’est le conseil général, ayant visité pour la dernière fois « Les Colombes » en 2006, qui est la seule entité autorisée à y effectuer des vérifications. En l’occurrence, le conseil a seulement rapporté des dysfonctionnements administratifs à cette époque et n’a pas remarqué les violences qui y existaient.

mercredi 14 octobre 2009, par Carole Mercier