Finances publiques : un déficit plus faible que prévu pour 2011

Ayant analysé les derniers chiffres publiés par l’Insee sur les finances publiques de 2010, le ministre du Budget table sur une amélioration du déficit public à moins de 6 % du PIB. Une situation qui semble crédibiliser la politique gouvernementale de redressement des comptes publics.

Les prévisions budgétaires de l’État ont été moins optimistes

D’après le ministre du Budget, François Baroin, le déficit public hexagonal, tenant compte des budgets de l’État, des collectivités locales et de la Sécurité sociale, devrait s’établir à un niveau légèrement inférieur à 6 % du produit intérieur brut à l’issue de cette année. Alors que pour 2010, les données de l’Insee ont mis en exergue un déficit de 7 % du PIB, soit 136,5 milliards d’euros. L’État était pourtant beaucoup moins optimiste dans ses prévisions puisqu’il avait officiellement prévu un déficit record de 7,7 % du PIB pour cette année.

Avec la baisse à moins de 6 % du PIB, le déficit public de la France poursuivrait le redressement amorcé depuis 2009, l’année qui a enregistré un niveau historique en matière de déficit public avec 7,5 % du PIB, soit 142,5 milliards d’euros. Ainsi, le budget de l’État a donc terminé l’exercice précédent en enregistrant un déficit plus faible que prévu, avec un trou budgétaire de 148,8 milliards d’euros. Tandis que le solde obtenu par l’ensemble des collectivités locales présente des valeurs supérieures aux chiffres prévisionnels avec -1,7 milliard d’euros, contre les -6,2 milliards d’euros en 2009.

Une tendance jugée encourageante par le gouvernement

Pour les analystes, l’amélioration de la situation du déficit public serait surtout le résultat de ce qu’ils appellent « les facteurs exceptionnels ». Ces derniers rassemblent des faits qui ont contribué soit à l’augmentation des recettes de l’État, soit à la diminution des dépenses publiques. Il y a notamment eu la valeur du prêt accordé à la Grèce, qui a été moins élevée que prévue avec 1,4 milliard d’euros, les prélèvements additifs opérés sur la Caisse des Dépôts, le remboursement à l’État des 300 millions d’euros de dettes par les constructeurs de voiture, les dividendes en plus obtenus par les entreprises publiques, ainsi que le surcoût de la réforme de la taxe professionnelle qui a finalement été inférieur aux 500 millions d’euros prévus par l’évaluation.

Ces résultats confortent donc le gouvernement dans sa stratégie de redressement graduel des finances publiques. D’après la ministre de l’Économie, Christine Lagarde, la France est sur la bonne « trajectoire » en vue d’atteindre un déficit public de moins de 3 % en 2013, conformément aux critères définis par le pacte de stabilité européen. Un optimisme qui n’est cependant pas partagé par les experts de la Cour des comptes. Selon eux, la croissance économique de 2,5 % envisagée par l’État pour 2012 et 2013 serait loin d’être garantie. La Cour des Comptes préconise des mesures drastiques pour espérer un déficit public à 3 % pour 2013.

mercredi 6 avril 2011, par Carole Mercier