Cancer du sein : une nouvelle technique chirurgicale est née

Réaliser une ablation mammaire et faire en sorte qu’il n’y ait pas de cicatrice, c’est ce que permet désormais la science. La recherche biomédicale ayant permis d’y aboutir vise, entre autres, à réduire l’effet psychologique que l’opération a sur les patientes.

Une intervention assurée par un robot

Pour des raisons curatives, comme le cas d’un cancer du sein, ou préventives, pour les personnes ayant une prédisposition génétique, on a généralement recours à une mastectomie, c’est-à-dire une ablation mammaire. Dans bien des cas, cette intervention peut être particulièrement éprouvante, car elle est assimilée à une suppression d’une grande part de féminité. Il peut s’ensuivre une altération du niveau de vie et une importante baisse de l’estime de soi.

L’institut Gustave Roussy a mené des recherches afin de ne plus infliger ces désagréments aux patientes nécessitant cette intervention chirurgicale. C’est ainsi qu’un robot, baptisé Da Vinci Xi, a été créé pour effectuer l’opération.

Déroulement de l’intervention assistée par un robot

Il est courant qu’une mastectomie soit immédiatement suivie d’une reconstruction. Cependant, les cicatrices apparentes restent un sujet sensible. Dans ce sens, l’idée a été de s’orienter vers une incision réalisée sous l’aisselle. Or une telle pratique n’offre pas une bonne visibilité sur la partie à retirer. C’est ici qu’apparait l’innovation : un robot équipé d’une caméra, ainsi que de divers outils chirurgicaux.

Cette option apporte différents avantages. D’abord, un résultat plus esthétique dans la mesure où la cicatrice est masquée sous le bras, comme ce qui se fait déjà dans le cadre d’une augmentation mammaire. Ensuite, le chirurgien, qui actionne le robot à distance, ne perd rien en précision. Sa visibilité et l’amplitude de ses mouvements se font dans les meilleures conditions. Enfin, le risque de survenance de complications post-opératoires est nettement moins élevé.

Ces explications ont été fournies par le Dr Benjamin Sarfati dans le cadre d’un communiqué de presse faisant suite à l’essai clinique réalisé sur deux patientes. Ce chirurgien plasticien oncologue précise que cette méthode, une première mondiale, est particulièrement intéressante pour les patientes devant subir une reconstruction immédiate. Si le robot effectue l’ablation, la mise en place de la prothèse est faite par le chirurgien lui-même.

samedi 20 février 2016, par Romain Morillon