Assurance vie : un modèle économique en péril ?

Une étude publiée récemment par le cabinet d’avocats Linklaters révèle que l’assurance vie séduit de moins en moins les investisseurs et les épargnants. Ce modèle économique serait-il ainsi en péril et pour quelles raisons ? Explications.

Des taux d’intérêt trop faibles

Selon les dirigeants de compagnies d’assurance auprès desquels l’enquête a été réalisée, la faiblesse des taux d’intérêt constitue la principale raison de désintéressement des Européens pour l’assurance vie. Face à la réduction sensible de leurs profits et à l’impossibilité d’offrir à leur clientèle une couverture adéquate à des conditions abordables, les acteurs du secteur se lancent dans d’autres systèmes d’investissement ou optent pour l’internationalisation.

Les bénéfices de ce segment de l’économie ont été mis sous pression à cause du niveau très bas des taux d’intérêt. Les investisseurs ont été attirés par les conditions favorables liées aux placements traditionnels, tels que les titres obligataires souverains. Afin d’amenuiser les impacts de la faiblesse des taux de rendement de l’assurance vie, les assureurs ont proposé à leurs clients une augmentation des primes. D’autres ont choisi une diversification de leurs placements et se sont tournés vers des actifs plus attractifs en termes de rémunération, comme les actions et les obligations d’entreprise.

Un marché qui n’est plus viable

L’enquête a révélé que 47 % des dirigeants de sociétés d’assurance estiment que le marché européen n’est plus viable pour le secteur de l’assurance vie. En France par exemple, la collecte nette a été pratiquement nulle durant le mois d’août 2013. Le montant total des cotisations était de 7,1 milliards d’euros, soit une baisse de 4,5 milliards par rapport au mois précédent, alors que les assureurs ont dû verser 7 milliards d’euros à leurs clients sur la même période.

Afin de combler la réduction des rendements obligataires, ils ont dû se lancer dans des placements plus risqués. Ceux qui n’ont pas encore opté pour cette solution envisagent sérieusement de s’engager dans cette voie au cours des trois prochaines années. La menace ne pèse pas uniquement sur l’assurance vie. Depuis le 1er août 2013, date de la baisse à 1,25 % de son taux de rémunération, le Livret A ne semble plus séduire les épargnants français. Sa collecte nette a connu son niveau le plus bas enregistré depuis novembre 2011.

jeudi 7 novembre 2013, par Romain Morillon