Crise grecque : des villas luxueuses vendues au rabais

Le secteur immobilier grec est frappé de plein fouet par la crise qui perdure depuis des années dans le pays. De luxueuses villas situées dans les sites les plus plébiscités par les investisseurs sont ainsi vendues au rabais. Décryptage du contexte.

Une chute de 30 %, voire 50 % des prix

Nombreuses sont les propriétés de rêve qui sont proposées à des prix cassés dans les îles à la mode et dans les stations balnéaires du pays hellénique. Depuis 2011, les cours des biens immobiliers ont chuté de 30 % en moyenne. Dans la capitale, la situation est encore pire puisque les tarifs ont diminué de 50 % depuis 2008. Ainsi, pendant que les instances politiques mondiales se penchent sur le problème de la crise grecque et s’évertuent à trouver une solution adéquate au problème, d’autres essaient de profiter de l’instabilité du pays pour réaliser de bonnes affaires.

Les potentiels acheteurs s’intéressent surtout aux biens immobiliers situés dans les îles emblématiques de la Grèce, comme Corfou, Rhodes, Santorin et Mykonos. Ainsi, les opérateurs du secteur reçoivent au cours de ces dernières semaines de plus en plus de demandes d’informations émanant d’investisseurs étrangers sur les maisons de vacances disponibles dans ces endroits idylliques. La majorité de ces candidats à la propriété sont des Européens, mais bon nombre d’entre eux proviennent d’Asie et du Moyen-Orient.

Pour une villa de 3 pièces avec piscine et vue sur la Méditerranée les acquéreurs d’un bien construit sur l’une de ces îles doivent débourser entre 500.000 et 1 million d’euros. Les prix sont nettement plus bas dans les îles plus reculées et moins populaires où il est possible d’acquérir des biens plus modestes à partir de 250.000 euros. Les propriétés bâties à Porto-Heli, une station balnéaire grecque très huppée, sont également très plébiscitées par les investisseurs.

Des acheteurs qui restent dans l’expectative

Les spécialistes du secteur immobilier ont toutefois constaté que malgré l’affluence de demande de renseignements, les transactions menées à terme ne sont pas très nombreuses. Les clients, de riches particuliers d’origine serbe, bulgare, russe ou chinoise notamment, restent dans l’expectative. Ils misent sur une éventuelle nouvelle baisse des prix qui leur permettrait d’acquérir une villa luxueuse à un prix dérisoire. Des biens se retrouvent ainsi sur le marché sans trouver d’acheteurs, tels que les dizaines de chalets situés sur l’île de Rhodes.

vendredi 14 août 2015, par Romain Morillon